23 avril 2021

Le Gouvernement du Québec vient à peine (le 15 avril 2021) de déposer la toute première politique d’hébergement et de soins et services de longue durée. Des orientations générales et inclusives pouvant s’appliquer à tous les types d’hébergement de longue durée ainsi qu’à toutes les clientèles adultes susceptibles d’y résider s’y trouvent inscrites.

La présente politique traduit donc la volonté du gouvernement de proposer une vision et des principes directeurs soutenant le développement et l’implantation d’un continuum de ressources résidentielles novateur en matière d’hébergement. Ce modèle devra permettre aux milieux d’hébergement d’offrir un milieu de vie de qualité, sécuritaire, bientraitant et adapté aux besoins biopsychosociaux, socioculturels et spirituels des personnes. De plus, tout devra être mis en œuvre pour soutenir l’autodétermination et le mieux-être de la personne hébergée, en veillant au maintien ou au développement de ses capacités ainsi qu’à son intégration et à sa participation sociale. (p.1)

 

Parmi ces clientèles adultes se retrouvent évidemment des personnes ayant une déficience intellectuelle. De ces personnes, la politique retient qu’elles recourent déjà et en grand nombre à une mesure d’hébergement. Elle observe également ceci :

Les personnes vivant avec une déficience ou un TSA ainsi que leurs proches, comme plusieurs, aspirent à un domicile, à un « chez-soi » dans lequel elles peuvent demeurer le plus longtemps possible. Un grand nombre de ces personnes auront besoin de services résidentiels pour la majeure partie de leur vie. Idéalement, leur milieu de vie doit s’adapter à l’évolution de leurs besoins, en tenant compte de leur âge, de leur condition personnelle et de leur projet de vie. (p.10)

La politique émet, au regard des milieux de vie, les considérations suivantes :

 
Considérant les besoins évolutifs et spécifiques de ces personnes, les établissements doivent adapter leur offre de services résidentiels afin de répondre plus adéquatement à leurs besoins. Toutefois, le manque actuel d’options résidentielles restreint leurs choix et le milieu de vie retenu n’est pas toujours concordant avec leur projet de vie. Une grande majorité de ces personnes nécessitant un hébergement de longue durée est actuellement hébergée dans une RI ou une RTF.
Ces modèles, bien que comprenant de nombreux avantages, devront évoluer pour mieux s’adapter aux besoins évolutifs de leurs usagers. Ils devront non seulement soutenir le maintien des capacités, mais aussi leur rehaussement, en plus de favoriser leur développement en stimulant de nouveaux apprentissages. Cette évolution permettra aux personnes qui en ont le potentiel et qui le souhaitent de migrer vers un milieu répondant à leur nouveau projet de vie (exemple : appartements supervisés).

Le développement des maisons alternatives comportera plusieurs avantages puisqu’il permettra de :
–       Regrouper des personnes adultes distinctement des aînés;
–       Personnaliser les services répondant à la demande des personnes hébergées et de leurs proches;
–       Dédier des équipes cliniques avec les connaissances et compétences requises afin de répondre aux besoins spécifiques des personnes ayant une déficience ou un TSA. (p.11)

La politique comporte cinq axes d’intervention :

Axe 1 : la personne hébergée ;
Axe 2 : les proches ;
Axe 3 : les prestataires de services ;
Axe 4 : le milieu de vie et de soins ;
Axe 5 : la communauté.

Chacun de ces axes comporte quelques orientations.

Nous retenons, au regard des personnes hébergées ayant une déficience intellectuelle, les orientations suivantes :

Orientation 1 : considérer la personne dans sa globalité et soutenir sa participation dans le maintien et le développement de ses capacités (Toutes les actions doivent favoriser le maintien ou l’amélioration de l’autonomie de la personne dans ses habitudes de vie et dans sa participation sociale.)
Orientation 2 : assurer une réponse aux besoins spécifiques des personnes (En favorisant la réalisation des habitudes de vie des personnes ayant une déficience)

Nous retenons, au regard des proches les orientations suivantes :

Orientation 3 : accueillir les proches pour préserver les liens avec la personne hébergée
Orientation 4 : reconnaître et mobiliser les proches dans le respect de leurs volontés et capacités d’engagement
Orientation 5 : soutenir les proches

Nous retenons, au regard de la communauté, l’orientation suivante :

Orientation 11 : soutenir la participation sociale en partenariat avec les acteurs de la communauté

La Société reconnait que la Politique est bien rédigée, qu’elle est le fruit d’une concertation élargie et qu’elle est novatrice, notamment dans l’intention déclarée d’implanter un continuum de ressources et d’en bien gérer les transitions. Par ailleurs, la Société attend impatiemment le dépôt du plan d’action gouvernemental. Si le Québec est habile pour composer des politiques visionnaires (ça a notamment été le cas de la Politique de 2001 en déficience intellectuelle), il est plus délicat au moment de leur mises en œuvre (le plan d’action ministériel de 2001 a très peu, et très mal, vécu).

Gouvernement du Québec (2021). Politique d’hébergement et de soins et services de longue durée. Des milieux de vie qui nous ressemblent.