09 octobre 2017

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Gouvernement du Québec (2017)

Sortie en juin dernier, la Politique de la réussite éducative aborde, quoi que sans s’y attarder vraiment, le thème de l’inclusion scolaire des personnes présentant une déficience intellectuelle.

Retenons d’abord que l’inclusion est inscrite à la vision ministérielle de la réussite éducative. «Des milieux éducatifs inclusifs, centrés sur la réussite de toutes et de tous, soutenus par leur communauté, qui, ensemble, forment des citoyennes et des citoyens compétents, créatifs, responsables, ouverts à la diversité et pleinement engagés dans la vie sociale, culturelle et économique du Québec. Cette vision de la réussite éducative signifie notamment de prendre en considération les capacités intellectuelles, psychologiques, sociales, affectives et physiques des enfants et des élèves qui éprouvent des difficultés permanentes d’adaptation ou d’apprentissage.

Retenons ensuite qu’afin de reconnaître la diversité des personnes et de valoriser l’apport de chacun, le Ministère admet que «(…) l’intégration en classe ordinaire des personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage est certainement une voie intéressante pour améliorer leurs conditions de réussite. Une telle approche découle des principes d’inclusion et de mixité sociale qui sous-tendent la présente politique. La mixité est une dimension incontournable de notre environnement sociétal et, à ce titre, elle fait partie des apprentissages de la vie. La mixité sociale doit être bien intégrée dans les milieux éducatifs, parce que ces derniers constituent un point de rencontre déterminant dans le parcours des personnes, où il leur est donné de vivre avec les autres et de faire leurs premiers pas dans la vie citoyenne.»

Retenons enfin que le «comment ?» de l’intégration en classe ordinaire des élèves présentant des difficultés demeure, pour l’essentiel, un thème non abordé, sinon par cette phrase, sibylline, qui veut que le Gouvernement du Québec « révisera le modèle de financement des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage».

Cette absence de repères clairs quant à l’orientation, au financement et à l’organisation des services devant favoriser l’intégration scolaire des élèves éprouvant des difficultés laisse songeur. On aurait préféré relever un rempart plus solide, capable de résister aux assauts de ceux et de celles qui préfèrent que l’école (ses classes régulières, la pédagogie qui s’y exerce) demeure fermée aux élèves qui la défient trop.