09 janvier 2018

Version de travail, UQAM.

Recenser un document non encore édité qui cible, comme premier lecteur, les personnels enseignant et non enseignant (les conseillers pédagogiques) des écoles québécoises peut sembler peu pertinent. Il importe toutefois selon l’AQIS, que ses membres soient mis au courant et fassent savoir qu’une recherche collaborative est menée, qu’elle vise à permettre aux jeunes ayant une déficience intellectuelle d’accéder à la lecture, qu’un guide pédagogique s’y greffe et que des stratégies d’enseignement de la lecture y sont proposées.

En court, gardons que selon les auteures et les documents qu’elles ont recensés, la majorité des apprenants ayant une DI :

  • peuvent apprendre à lire, mais avec plus de temps et de répétition;
  • peuvent progresser à tout âge et que les effets dits « plateau » (de non progression) seraient davantage associés à un manque de stimulation plutôt qu’à la déficience comme telle.

Gardons aussi que, trop souvent,

  • les enseignants semblent avoir des attentes peu élevées dans l’apprentissage de la lecture pour ces élèves, visant surtout l’atteinte d’objectifs fonctionnels (p.ex. lire et comprendre des instructions simples). L’enseignement de l’ensemble des stratégies en lecture ne semble d’ailleurs pas être une priorité dans beaucoup d’écoles, l’accent étant plutôt mis sur le développement de compétences sociales visant à favoriser leur transition vers leur vie d’adultes.

Gardons enfin que

  • Ces constats appellent à un renouvellement de recherches et de pratiques destinées aux élèves ayant une DI afin de réduire les inégalités vécues dans les apprentissages en lecture.

Ce renouvellement des pratiques pédagogiques peut être opéré en mettant en priorité les quatre axes suivants :

  1. une lecture répétée et guidée via un enseignement structuré et vigoureux;
  2. un enseignement explicite de six stratégies de compréhension en lecture;
  3. un travail sur la compréhension de textes courants;
  4. des évaluations de début et de fin d’année qui favorisent la planification et l’ajustement de l’enseignement aux particularités des élèves.

Le document veille, à cette fin, à outiller l’équipe école en offrant:

  • La planification scolaire (de septembre à juin) d’un enseignement explicite, guidé et répété de six stratégies de lecture;
  • Des fiches permettant de déployer ces six stratégies;
  • Des documents pertinents permettant d’appuyer ces fiches et de favoriser le déploiement de ces stratégies.

Retenons que cette méthodologie d’enseignement explicite des stratégies en lecture auprès des jeunes ayant une déficience intellectuelle n’a pas encore fait l’objet d’un véritable protocole d’évaluation. Cette réserve émise, l’AQIS ne saurait trop célébrer la présence de ce projet innovant, stimulant et mobilisateur, projet qui pourrait entre autre permettre d’animer un débat pressant à tenir et qui porterait sur l’organisation ainsi que sur le « comment » de l’enseignement auprès des élèves différents.