09 août 2017

MINISTÈRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA SANTÉ (2017). Vers une meilleure intégration des soins et des services pour les personnes ayant une déficience Cadre de référence pour l’organisation des services en déficience physique, déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme.

La parution, en plein cœur de l’été (le 14 juillet 2017), du cadre de référence en DP-DI-TSA, a peu retenu l’attention des médias. Se trouvent pourtant là certaines clés et principes susceptibles de modifier, dans un temps court, l’organisation régionale de l’offre des services.

Censées se fonder sur « la personne, sa famille et son réseau de soutien » ainsi que  sur une offre de « services de proximité » collés au « milieu de vie librement choisi par l’usager », les organisations régionales de services en DP-DI-TSA sont, à partir de ce cadre de référence ministériel, appelées à transformer leur modèle. À cet égard, « les programmes-services en DP et en DI-TSA doivent revoir leur organisation afin de consolider et de diversifier la gamme de services spécifiques, permettant ainsi de concentrer la spécialisation dans la gamme de services spécialisés. Par l’intégration des soins et des services, une plus grande souplesse et un itinéraire plus fluide pour l’usager doivent être facilités tout en préservant les expertises nécessaires à une offre de service de qualité. » (MSSS, 2017,  p. IX).

Le Cadre de référence s’adresse, comme premier public, aux directions régionales des programmes.  Pour mettre en oeuvre la transformations souhaitées, celles ci « (…) doivent d’abord analyser la situation en fonction de la finalité des programmes visés et d’une réponse aux besoins des personnes, pour ensuite procéder à une révision de l’organisation des services et du travail avec les ressources dont elles disposent dans leur établissement et, pour certains, assurer une répartition ou un transfert équitable de l’offre de service entre les établissements. » (MSSS, 2017,  p. X). Elles seront, pour ce faire, accompagnées par le Ministère. Celui-ci veille d’ailleurs, à l’intérieur du document déposé, à instruire les directions régionales des avantages du modèle d’organisation des services attendu; il les instruit aussi des conditions gagnantes pour la mise en oeuvre du modèle d’organisation des services.

S’il est un maître mot (un mot « phare ») à retenir du document, c’est celui d’«intégration». Les «Centres intégrés» devront « savoir intégrer » puis « intégrer » : intégrer pour mieux maximiser, consolider, diversifier, concentrer, répartir, spécialiser, assurer suivi, fluidité et cohérence, etc.  Cette intention de « synthèse utile » pilotée sur des bases régionales traverse ainsi l’ensemble du document.

Notre réaction face au cadre ministériel est double. Nous reconnaissons que le document vaut, entre autre puisqu’il prend appui sur différents constats et recommandations émis à l’intérieur des bilans d’implantation des plans et politiques gouvernant le champ de la DP-DI-TSA. L’intention de clarté, d’enracinement, de synthèse, d’organisation, de collaboration, de coordination, de cohérence et de continuité, au cœur du cadre de référence, n’est ni vilaine, ni non motivée. Nous ne savons cependant pas si le cadre déposé suffit réellement à guider les directions régionales des programmes, ou encore s’il est suffisamment instruit des difficultés réelles qu’elles auront à rencontrer en cherchant à mettre en œuvre les transformations souhaitées.

Précisons aussi qu’un « cadre de référence », c’est bien, surtout quand il s’agit d’ajuster la gouverne d’une politique qui date de plus de 15 ans (ce qui est le cas de la politique de soutien aux personnes présentant une déficience intellectuelle, à leurs familles et aux autres proches). Sauf que ce « bien » ne suffit pas, surtout dans un contexte où les besoins à couvrir ainsi que les services qui s’y greffent sont souvent joués en mineur. Une nouvelle politique en déficience intellectuelle, dotée d’un plan d’action solide et de ressources financières adéquates à le bien réaliser s’impose, plutôt.