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Réaction de la SQDI sur le rapport du Protecteur du citoyen sur la détention des « cas complexes »

  • Avis & mémoires

3 juin 2026

Dans un tout nouveau rapport, le Protecteur du citoyen révèle une situation inquiétante : les prisons accueillent aujourd’hui beaucoup plus de personnes ayant une déficience intellectuelle, ainsi que des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, de dépendance ou d’itinérance.

Ce changement montre que le système social ne parvient plus à soutenir ces personnes avant qu’elles ne se retrouvent en détention.

Modèles d’intervention : un virage manqué

En 2020, le ministère de la Sécurité intérieure (MIS) voulait implanter un modèle psychosocial, qui vise à comprendre la personne dans son contexte (relations, environnement, vécu) pour mieux l’aider.

Mais dans la réalité :

  • les prisons continuent surtout d’utiliser une approche sécuritaire, centrée sur le contrôle ;
  • les interventions restent majoritairement coercitives, comme l’isolement ;
  • le modèle psychosocial n’a jamais été appliqué de façon réelle.

La SQDI s’inquiète, car les personnes ayant une déficience intellectuelle sont particulièrement vulnérables à ces approches.

Une réalité préoccupante

La SQDI affirme clairement que la prison n’est pas un milieu adapté pour les personnes ayant une déficience intellectuelle. Leur présence croissante derrière les barreaux révèle :

  • un filet social défaillant;
  • un manque de services en amont;
  • une tendance plus large où l’État délaisse les personnes vulnérables.

Une définition des « cas complexes » à revoir

Le rapport parle de « cas complexes », mais selon la SQDI, cette définition met trop la responsabilité sur la personne. Or, plusieurs comportements difficiles peuvent être causés par les conditions de détention :

  • isolement;
  • manque d’espace;
  • règles rigides;
  • services mal adaptés;
  • absence de liens avec les proches.

La « complexité » vient donc aussi du milieu carcéral, pas seulement de l’individu. Comprendre cela permet d’éviter de simplement contrôler les comportements et d’agir plutôt sur ce qui les provoque.

Recommandations essentielles

La SQDI appuie fortement les recommandations du Protecteur du citoyen. Elles sont jugées indispensables pour :

  • améliorer les pratiques en prison;
  • réduire les mesures coercitives;
  • mieux répondre aux besoins des personnes vulnérables.

Elle demande une mise en œuvre rapide et rigoureuse.

Aller plus loin

Pour la SQDI, les recommandations sont nécessaires, mais insuffisantes. 

Le vrai problème est plus large : si autant de personnes vulnérables se retrouvent en prison, c’est parce que la société ne leur offre pas les services nécessaires pour éviter d’en arriver là.

En résumé :

  • oui, il faut un traitement plus humain en détention ;
  • mais surtout, ces personnes ne devraient pas être en prison.