Préemployabilité et employabilité

Au Québec, il est encore difficile pour les personnes ayant une déficience intellectuelle de trouver un emploi et de le garder. Les services de préemployabilité et d’employabilité sont offerts par plusieurs ministères. Cette organisation rend les démarches compliquées et les services ne sont pas toujours bien coordonnés.

Certaines pratiques injustes existent encore

Autrefois, les ateliers et les plateaux de travail étaient gérés par le réseau de la santé et des services sociaux.

Aujourd’hui, ils sont surtout offerts par des organismes communautaires, qui n’ont souvent pas assez de ressources.

De plus, ces programmes mènent rarement à un emploi inclusif dans un milieu de travail régulier. 

Même s’il existe plusieurs programmes offerts par le gouvernement et les organismes communautaires, il est encore difficile de trouver un emploi stable.

Certaines personnes font aussi des stages non rémunérés ou restent trop longtemps dans les mêmes programmes sans accéder à un emploi. 


Des rapports du gouvernement soulignent les problèmes

Les rapports de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), du Vérificateur général du Québec et de l’Office des personnes handicapées du Québec montrent que les services actuels ne répondent pas bien aux besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle. 


Un parcours en emploi plus simple

Pour la SQDI, il est temps de revoir l’organisation des services en emploi et de mieux travailler ensemble pour offrir un parcours plus simple et mieux coordonné. 

L’objectif est d’offrir un accompagnement à chaque étape du parcours : se préparer au travail, trouver un emploi, intégrer un nouvel emploi, garder son emploi et avoir la possibilité de progresser dans sa carrière. 

Peu de programmes sont administrés directement par le réseau de la santé et des services sociaux et les activités socioprofessionnelles permettent rarement une transition vers des services de préparation, d’intégration et de maintien à l’emploi. Cela complique la transition vers les services d’employabilité et maintient certaines personnes dans des programmes qui ne répondent pas toujours à leurs aspirations.  

Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) offre des programmes pour aider les personnes qui sont prêtes à intégrer le marché du travail.

Ces programmes comprennent notamment le soutien aux entreprises adaptées, les services des centres locaux d’emploi, le Contrat d’intégration au travail (CIT), des mesures d’aide à l’emploi (pour les prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours) et des services spécialisés pour les personnes en situation de handicap. 

De son côté, le réseau de l’éducation doit préparer les jeunes ayant des besoins importants à leur vie après l’école grâce à la démarche de Transition de l’école vers la vie active (TEVA)

En plus des programmes du gouvernement, de plus en plus d’organismes communautaires offrent des services pour aider les personnes à se préparer au travail et à trouver un emploi. Pourtant, ces organismes reçoivent souvent peu de soutien financier, même s’ils jouent un rôle important pour aider les personnes à trouver un emploi et à le garder. 

Même s’il existe plusieurs services, ils sont souvent difficiles d’accès. Les personnes ne reçoivent pas toujours le bon soutien au bon moment pour avancer vers un emploi.

De plus, les ministères travaillent encore trop souvent chacun de leur côté, ce qui rend le parcours vers un emploi inclusif plus difficile. 

La SQDI croit qu’il est temps de revoir complètement l’organisation des services pour mieux aider les personnes ayant une déficience intellectuelle à se préparer au travail. 

Les services doivent mieux travailler ensemble pour favoriser l’embauche inclusive et permettre aux personnes de participer pleinement à la vie sociale et économique. 

« Le modèle développé il y a près de 50 ans ne donne pas tous les résultats escomptés » 

Cette citation est le constat fait par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) en 2025 (Ducharme, 2025).  

Après avoir analysé des centaines de plaintes, rencontré des personnes en situation de handicap et des organisations, et étudié la jurisprudence, la CDPDJ a conclu que le modèle actuel des services d’emploi au Québec ne répond pas bien aux besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle.  

Dans son rapport, la CDPDJ invite la société québécoise à « réfléchir à de nouvelles façons de faire » pour améliorer la situation. 

Malheureusement, ce rapport s’ajoute à plusieurs autres rapports gouvernementaux qui montrent les limites du modèle actuel au Québec.  

En 2020, le Vérificateur général du Québec a montré que les services offerts aux jeunes en situation de handicap ne répondaient pas suffisamment à leurs besoins et ne les aidaient pas toujours à se préparer au travail et à trouver un emploi.  

En 2021, l’Office des personnes handicapées du Québec a aussi constaté que les services d’emploi étaient insuffisants et qu’ils ne répondaient pas toujours aux besoins des personnes.  

Plus récemment, en 2024, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage a critiqué le Canada pour l’utilisation de certains plateaux de travail destinés aux personnes ayant une déficience intellectuelle (Obokata, 2024).  

Ces rapports et ces recherches montrent que plusieurs problèmes existent encore qu’ils compliquent l’accès des personnes aux bons services, au bon moment, pour les aider à intégrer le marché du travail.  

Malheureusement, ces constats ne montrent qu’une partie du problème.

Certaines pratiques préoccupantes existent encore dans les programmes socioprofessionnels et les services d’emploi offerts aux personnes ayant une déficience intellectuelle. 


Des pratiques qui posent encore problème aujourd’hui 

Au cours des dernières années, plusieurs reportages et situations ont montré des problèmes dans certains services socioprofessionnels offerts aux personnes ayant une déficience intellectuelle.  

Dès 2018, une grande entreprise américaine a fait parler d’elle après avoir congédié des personnes en stage et laissé certaines personnes dans des « stages à vie », sans salaire. (TVA Nouvelles, 2018).  

Plus récemment, en 2025, une enquête de La Presse a rapporté des situations où des personnes ayant une déficience intellectuelle auraient été exploitées dans des plateaux de travail ou de stages (Touzin, 2025b).  

Ces situations ne sont pas nouvelles. Dès 1998, un rapport réalisé pour l’Office des personnes handicapées du Québec recommandait déjà de mettre fin aux stages non rémunérés qui duraient trop longtemps (Pelletier, 1998).  

Depuis ce temps, la situation a peu changé. Ces programmes existent encore aujourd’hui partout au Québec et reçoivent toujours un important financement du ministère de la Santé et des Services sociaux (Institut de recherche et de développement sur l’inclusion et la société et Ragot, 2021). 


Favoriser l’embauche inclusive  

Depuis plus de 10 ans, la SQDI coordonne le programme d’embauche inclusive Prêts, disponibles et capables.

Ce programme vise à sensibiliser les employeurs aux avantages d’inclure en emploi des personnes ayant une déficience intellectuelle ou autistes, et ce, sans aucune subvention salariale.  

Grâce à ce programme, des centaines de personnes sont accompagnées pour trouver et garder un emploi dans un milieu de travail régulier, avec l’aide de plusieurs partenaires spécialisés en emploi. 

Malheureusement, l’embauche inclusive est encore peu développée au Québec. Certains organismes offrent des programmes intéressants, mais ils manquent souvent de financement.

Il manque aussi de services de mentorat, d’accompagnement et de coaching directement dans les milieux de travail pour les personnes en situation de handicap. 

Certaines provinces canadiennes, comme le Nouveau-Brunswick, ont choisi de mettre l’embauche inclusive au premier plan. Cela veut dire qu’on aide d’abord les personnes à obtenir un emploi dans un milieu de travail régulier, plutôt que de les orienter vers des stages ou des plateaux de travail. Cette approche a donné de bons résultats, et la SQDI croit que le Québec devrait s’en inspirer. 

Pour la SQDI, le gouvernement doit tenir compte des nombreuses études et des rapports qui montrent les difficultés vécues par les personnes en situation de handicap en emploi. Des changements importants sont nécessaires.  

La Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes des handicapées a été renouvelée en 2025 pour une période de trois ans. Toutefois, son impact demeure encore limité. 

Pour la SQDI, la prochaine stratégie prévue en 2028 représente une occasion importante d’améliorer la situation.  

Le gouvernement doit en profiter pour revoir les programmes et les services d’emploi destinés aux personnes en situation de handicap. Ces changements permettraient de mieux répondre à leurs besoins et de faciliter leur accès à des emplois de qualité. 


Les bases d’un modèle de préemploi et d’emploi plus inclusif 

Pour améliorer la situation, la SQDI propose plusieurs actions.

  • Revoir et repenser l’organisation des services de préemployabilité et d’employabilité destinés aux personnes ayant une déficience intellectuelle.  
  • Les services de préemployabilité ne devraient pas seulement offrir des activités pour occuper le temps ou donner du répit aux familles. Ils devraient aussi aider les personnes qui le souhaitent à accéder à un emploi.
  • Offrir d’autres façons de participer activement à la collectivité pour les personnes qui ne peuvent pas travailler.
  • Enlever les obstacles que rencontrent les personnes ayant une déficience intellectuelle pour favoriser une meilleure inclusion en emploi.
  • Mieux organiser les services en emploi, offrir un meilleur accompagnement tout au long du parcours vers l’emploi et retirer les obstacles qui empêchent les personnes recevant de l’aide financière de travailler.
  • Mettre fin aux situations où des personnes ayant une déficience intellectuelle travaillent sans recevoir un vrai salaire ou sans avoir les mêmes droits que les autres travailleurs.
  • Mieux encadrer les programmes d’activités qui préparent au travail et mieux soutenir les organismes qui les offrent.  
  • Reconnaitre les compétences acquises par les personnes, même lorsqu’elles n’ont pas obtenu un diplôme.
  • Offrir un meilleur accompagnement lors de l’intégration en emploi.
  • Mettre en place des mesures financières pour soutenir les personnes qui veulent créer leur propre l’emploi.  
  • Améliorer le rôle des entreprises adaptées et faciliter la transition vers un emploi dans un milieu de travail régulier lorsque la personne le souhaite.
  • Améliorer les mesures de soutien en emploi, la sécurité d’emploi et l’offre de formation professionnelle et continue. 

Les services socioprofessionnels ou en employabilité pour les personnes ayant une déficience intellectuelle sont partagés entre le réseau de l’éducation, le réseau de la santé et des services sociaux et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Cette organisation rend les services difficiles à comprendre et à utiliser, parce qu’ils ne sont pas toujours bien coordonnés. 

La SQDI souhaite des services mieux organisés, afin que chaque personne puisse bénéficier d’un parcours adapté vers l’emploi.

  

Elle propose que tous les services de préemployabilité et d’employabilité destinés aux personnes ayant une déficience intellectuelle, qu’elles soient près ou éloignées du marché du travail, soient regroupés sous la responsabilité du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Cette façon de faire permettrait d’offrir des services plus simples, mieux coordonnés et gérés par un seul ministère.

De son côté, le réseau de la santé et des services sociaux continuerait d’offrir le soutien dont certaines personnes ont besoin, par exemple pour développer leurs habiletés sociales, en complément des services en préemployabilité.  


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Regrouper et transférer tous les services socioprofessionnels existants sous la responsabilité du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, afin d’offrir un parcours simple, cohérent et continu vers l’emploi. 
  • Faire travailler ensemble les ministères et les organismes pour qu’ils partagent leur expertise et soutiennent les équipes du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. 
  • Reconnaître et intégrer, dans les services du ministère, les services offerts par les organisations communautaires offrant des programmes de préemployabilité, de soutien d’aide à l’emploi, d’intégration en emploi et de maintien en emploi. 

Au cours des dernières années, la SQDI a publié plusieurs mémoires sur les services d’employabilité pour les personnes ayant une déficience intellectuelle (Ragot, 2024b, 2025).

Elle a aussi financé une recherche sur l’emploi de ces personnes (Ragot, 2024c).  

Ces travaux arrivent au même constat : les personnes ayant une déficience intellectuelle ont besoin d’un meilleur accompagnement à chaque étape de leur parcours vers l’emploi.

Elles doivent pouvoir recevoir le bon soutien, au bon moment, pour se préparer au travail, trouver un emploi, le garder et progresser selon leurs objectifs. 

« Comme parent on connaît peu ou pas le chemin vers l’emploi. Savoir les tenants et aboutissants serait très important afin d’éviter l’exploitation de nos jeunes. Les chemins à suivre […] devraient nous être présentés dans les dernières années scolaires de nos jeunes. Cela nous sensibiliserait d’avantage et diminuerait notre anxiété face à l’avenir […]. »  

— Personne répondante au sondage sur l’emploi, mai 2025. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Mieux coordonner les services du ministère de l’Éducation, du ministère de la Santé et des Services sociaux et du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour faciliter le passage d’une étape à l’autre du parcours vers l’emploi et faire de l’emploi le premier choix lorsque c’est possible. 
  • Investir dans des services d’accompagnement adaptés aux besoins de chaque personne, après l’obtention de l’emploi. Ce soutien pourrait s’inspirer du modèle de job coaching, qui a donné de bons résultats ailleurs au Canada. 

L’accès à l’emploi des personnes ayant une déficience intellectuelle est souvent limité par les règles des programmes d’aide financière de dernier recours. 

Au Québec, en 2026, le Programme de solidarité sociale (le «programme d’aide financière de dernier recours avec contrainte médicale ou psychosociale » à partir de 2028) permet seulement de conserver 200 $ par mois de revenus d’emploi.

Après ce montant seulement 25 % de chaque dollar gagné peut être conservé.

Cette règle peut décourager certaines personnes de travailler (Ragot, 2024e).  

Le Programme de revenu de base offre une approche différente. Il permet de gagner un revenu équivalent à la prestation de base annuelle sans réduction de leur prestation (16 032 $ en 2026).

Les témoignages montrent que cette mesure encourage certaines personnes qui ne pensaient pas pouvoir travailler à faire un premier pas vers l’emploi. Cette mesure contribue aussi à réduire la pauvreté.  


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Permettre aux personnes qui reçoivent une aide financière de conserver un plus grand montant de revenu provenant d’un emploi, au moins l’équivalent de la prestation de base annuelle, puis éventuellement élimine les limites sur les revenus de travail. 
  • Réduire le délai pour accéder au Programme de revenu de base à 30 mois de participation au Programme de solidarité sociale, afin d’encourager les personnes qui souhaitent travailler. 

Depuis plusieurs années, la question de l’exploitation des personnes ayant une déficience intellectuelle dans certains programmes socioprofessionnels fait l’objet de nombreuses discussions.

Plusieurs personnes et organisations, dont des personnes ayant elles-mêmes une déficience intellectuelle (Touzin, 2025b), l’Organisation des Nations unies (Ragot, 2024d) et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (Ducharme, 2025), soulignent que les programmes qui ne permettent pas d’accéder à un emploi inclusif posent problème.  

Certaines personnes restent dans ces programmes pendant plusieurs années sans jamais avoir accès à emploi payé, même si elles réalisent des tâches utiles et productives.

Des situations ont aussi été rapportées où des programmes de préemployabilité bénéficient du travail effectué par ces personnes sans leur offrir une véritable rémunération.

Ces programmes peuvent recevoir du financement pour leurs activités ou de l’argent provenant d’entreprises qui leur confient des tâches.

Les plateaux et ateliers de travail existent depuis plus de 100 ans en Amérique du Nord (Beckwith, 2016).

Au Canada, presque toutes les provinces et tous les territoires ont choisi de les encadrer strictement ou de les abolir. Le Québec demeure l’une des dernières provinces à financer largement ces activités plutôt qu’à privilégier l’embauche inclusive.  

En 2021, un rapport de recherche recommandait de transformer les programmes socioprofessionnels qui ne favorisent pas l’inclusion en programmes d’employabilité inclusive (Institut de recherche et de développement sur l’inclusion et la société et Ragot, 2021). 

Dès 2022, la SQDI a demandé au gouvernement du Québec de suivre ces recommandations. En s’appuyant sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées (Organisation des Nations Unies, 2006), la SQDI demandait que ces programmes deviennent inclusifs d’ici 2032.  

Malheureusement, cet objectif est loin d’être atteint. Même si le gouvernement a annoncé vouloir revoir le fonctionnement et les règles entourant ces programmes, les changements nécessaires ne sont pas encore en place.

En plus des problèmes liés à certains programmes de plateaux de travail ou de stages, les personnes ayant une déficience intellectuelle ne bénéficient pas toujours des mêmes protections des normes du travail s’appliquant aux autres travailleuses et travailleurs.  

Pourtant, la Convention relative aux droits des personnes handicapées, que le Québec et le Canada ont reconnue, interdit le travail forcé et l’exploitation des personnes en situation de handicap (Organisation des Nations Unies, 2006, art. 27). 

Pour la SQDI, il est important de mieux reconnaitre les droits des personnes qui ont une déficience intellectuelle qui réalisent un travail dans des programmes qui profitent de leur contribution sans les payer.  

Il faut aussi trouver de meilleures façons d’aider les personnes à passer des programmes socioprofessionnels non inclusifs vers des programmes d’emploi inclusifs ou vers d’autres activités adaptées à leurs besoins.

Ces changements doivent être accompagnés d’un soutien concret aux organismes qui offrent ces programmes. Ils doivent recevoir les ressources financières et humaines nécessaires pour réussir cette transition et pour que personne ne soit laissé de côté.  

La SQDI ne demande pas la fermeture des plateaux de travail ou des stages.

Elle demande plutôt que ces programmes aient un véritable objectif de formation, qu’ils soient temporaires et qu’ils permettent aux personnes d’avancer vers leur projet de vie.

À la fin de leur participation aux plateaux de travail, les personnes devraient pouvoir accéder soit à un emploi inclusif, soit à d’autres activités stimulantes leur permettant d’avoir un rôle social actif. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Mettre en place des moyens de surveillance et d’intervention pour prévenir l’exploitation des personnes ayant une déficience intellectuelle qui participent à des programmes où leur travail ou leurs activités productives ne sont pas réellement rémunérés. 
  • Adopter des règles claires dans la Loi sur les normes du travail pour encadrer les  programmes de formation et de préemployabilité pour les personnes ayant une déficience intellectuelle. Ces programmes de formation devraient :  
    • avoir des objectifs d’apprentissage clairs et un plan de formation défini; 
    • avoir une durée de participation limitée dans le temps;  
    • permettre d’avancer vers un emploi inclusif ou, lorsque ce n’est pas possible, vers une autre façon de participer activement à la collectivité.  
  • Mettre fin, d’ici 2032, au financement des programmes socioprofessionnels qui ne respectent pas ces règles de formation et de préemployabilité;  
  • Reconnaître les mêmes droits aux personnes ayant une déficience intellectuelle que les autres travailleuses et travailleurs lorsqu’elles occupent un emploi ou participent à un programme où leur travail apporte une valeur à un employeur. 

Les activités socioprofessionnelles permettent aux personnes d’apprendre de nouvelles compétences et de se préparer à intégrer le marché du travail à long terme. Ces activités sont souvent offertes par des organisations communautaires. 

Pour la SQDI, il est important de mieux soutenir ces organismes qui jouent un rôle essentiel.

Il faut aussi mieux encadrer la façon dont ces programmes sont offerts afin de s’assurer qu’ils répondent aux besoins des personnes. 

La SQDI ne demande pas de fermer les programmes comme les plateaux de travail ou les stages.

Elle souhaite plutôt que ces programmes aient un objectif clair, qu’ils respectent les droits des personnes et qu’ils évitent les situations problématiques.

Pour y arriver, le gouvernement doit soutenir les organismes et reconnaître leur expertise. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Reconnaître le rôle et l’expertise des organismes communautaires dans le développement des compétences liées au travail des personnes ayant une déficience intellectuelle, et financer adéquatement leurs programmes et leurs services. 
  • Soutenir les organismes communautaires afin d’aider les personnes prêtes à travailler à faire la transition vers un emploi inclusif en :  
    • leur donnant accès à de l’accompagnement en emploi;  
    • favorisant une meilleure collaboration avec les organismes spécialisés en emploi des personnes ayant une déficience intellectuelle 
    • finançant la formation continue du personnel;  
    • soutenant et finançant l’implantation d’outils pour mieux organiser et suivre les services.  
  • Faciliter l’accès aux programmes et aux mesures d’aide à l’emploi, comme  
    • les services d’aide à l’emploi (SAE);  
    • les projets préparatoires à l’emploi;  
    • la mesure de la formation de la main-d’œuvre;  
    • le Programme d’apprentissage en milieu de travail. 

Les personnes ayant une déficience intellectuelle n’obtiennent pas toutes un diplôme d’études secondaires.

Pourtant, plusieurs suivent d’autres formations et développent des compétences utiles. 

 La SQDI souhaite que ces compétences soient reconnues officiellement, même sans diplôme d’études secondaires.

Pour y arriver, il faut offrir de meilleurs services afin d’accompagner les personnes dans cette démarche. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Créer des façons de reconnaître officiellement les compétences acquises par les personnes, même si elles n’ont pas obtenu un diplôme complet. 
  • Reconnaître officiellement les programmes de préemployabilité offerts par les organismes communautaires et les écoles spécialisées, en établissant des règles de base pour les programmes financés par le gouvernement. 

L’intégration en emploi est une étape importante. Pour que tout se passe bien, la personne et le milieu de travail doivent recevoir le soutien dont ils ont besoin.  

Pour la SQDI, il est important d’améliorer l’accompagnement offert lors de l’intégration en emploi afin d’aider les personnes à réussir et à garder leur emploi. 

Campagne J’ai ma place en emploi

La campagne « J’ai ma place en emploi! » a eu lieu à l’automne 2025.

Découvrez les 3 épisodes de la mini web série mettant de l’avant de bonnes pratiques en embauche inclusive :


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Miser sur l’accompagnement de la personne, de l’employeur et du milieu de travail lors de l’intégration en emploi;  
  • Aider les employeurs à mettre en place les adaptations nécessaires pour répondre aux besoins des personnes, par exemple en adaptant les tâches, le poste de travail ou les outils utilisés (produire des aide-mémoires pour les tâches, etc.). 
  • Évaluer les capacités de chaque personne avant d’accorder un Contrat d’intégration au travail (CIT), plutôt que de l’offrir automatiquement parce qu’elle a une déficience intellectuelle;  
  • Permettre à chaque personne de recevoir le soutien d’une personne accompagnatrice lors de l’intégration et du maintien en emploi, que ce soit dans le cadre du CIT ou par l’intermédiaire d’un organisme spécialisé en emploi. 

En plus des mesures déjà présentées, il serait important d’offrir du soutien aux personnes qui souhaitent devenir travailleuses autonomes afin de les aider à réaliser leur projet. 


Demande

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :

  • Mettre en place des mesures de soutien pour aider les personnes ayant une déficience intellectuelle qui souhaitent créer leur propre emploi, par exemple :
    • en devenant travailleuses autonomes,
    • en créant une entreprise,
    • en participant à une coopérative ou
    • en développant une activité qui génère des revenus. 

Les entreprises adaptées, présentes partout au Québec, permettent à des personnes en situation de handicap d’occuper un emploi rémunéré et de développer leurs compétences de travail. 

Pour certaines personnes, ces emplois peuvent être une étape vers un emploi dans un milieu de travail régulier. 

Cependant, plusieurs rapports gouvernementaux montrent que peu de personnes font cette transition (Vérificateur général du Québec, 2020). 

Pour la SQDI, il est important de faire évoluer le rôle des entreprises adaptées afin de mieux soutenir les personnes qui y travaillent, de favoriser leur progression professionnelle lorsque c’est souhaité et d’offrir un meilleur soutien aux entreprises adaptées. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Faire évoluer le modèle des entreprises adaptées afin qu’elles puissent accueillir une plus grande diversité de personnes, notamment en offrant davantage de mesures d’adaptation selon les besoins de chaque personne. 
  • Améliorer les conditions de travail dans les entreprises adaptées, par exemple en adaptant les postes de travail et en développant une plus grande variété d’entreprises adaptées. 
  • Mettre en place des moyens pour faciliter le passage vers un emploi régulier, lorsque la personne souhaite faire cette transition. 

Le maintien en emploi des personnes ayant une déficience intellectuelle peut nécessiter du soutien, notamment lorsqu’il y a des changements ou des difficultés dans le milieu de travail.  

Malheureusement, les services offerts après l’embauche sont peu nombreux.  

Pour la SQDI, les personnes doivent pouvoir recevoir un accompagnement dans le temps, avec une aide rapide lorsqu’un besoin apparait, afin de favoriser la réussite et le maintien en emploi.  


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Offrir de l’accompagnement tout au long de leur parcours d’emploi, de la recherche d’un emploi jusqu’à la progression de carrière. 
  • Accompagner plus longtemps les employeurs et les personnes en emploi, avec un soutien adapté aux besoins de chacun.  
  • Financer adéquatement les organismes communautaires qui offrent du suivi et du soutien pour aider les personnes à garder leur emploi, en complément des services spécialisés en emploi pour les personnes en situation de handicap. 
  • S’assurer que les employeurs respectent les lois et leurs obligations en matière d’accommodements en emploi afin de permettre aux personnes de travailler dans un milieu adapté à leurs besoins. 

Il arrive que des personnes doivent s’absenter du travail pour différentes raisons, par exemple pour répondre à leurs besoins ou à ceux de leur famille.

Pourtant, les protections offertes dans ces situations sont encore limitées. 

Pour la SQDI, il est important d’améliorer ces protections afin que les personnes puissent prendre les pauses nécessaires sans risquer de perdre leur emploi. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Permettre aux personnes qui doivent s’absenter du travail pour des raisons de santé ou liées à une situation particulière de retrouver leur emploi après leur absence. Le gouvernement doit aussi offrir du soutien aux employeurs pendant cette période. 
  • Mettre en place une protection pour les personnes proches aidantes qui doivent arrêter temporairement de travailler ou réduire leurs heures de travail pour prendre soin d’une personne qui a besoin de beaucoup de soutien ou qui n’a pas accès à des services suffisants. Cette protection devrait s’appliquer même après la période couverte par l’assurance-emploi. 

Les personnes ayant une déficience intellectuelle peuvent apprendre et développer leurs compétences tout au long de leur vie.

Pourtant, elles ont encore peu accès à des services de formation continue adaptés à leurs besoins. 

Il manque notamment du soutien pour les accompagner et des programmes de formation continue accessibles.  

Pour la SQDI, il est important d’améliorer cette situation afin que les personnes puissent continuer à apprendre et progresser dans leur carrière. 


Demande

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :

  • Faciliter l’accès à la formation continue pour les personnes ayant une déficience intellectuelle en offrant du soutien financier, des mesures d’adaptation et l’accompagnement nécessaire pour leur permettre de suivre ces formations. 

Comme tout le monde, les personnes ayant une déficience intellectuelle souhaitent développer leurs compétences, progresser dans leur travail et avoir accès à des possibilités d’avancement.  

Malheureusement, les préjugés et le manque de soutien ou d’adaptation limitent encore souvent leur progression.

Il est donc important de reconnaître leurs compétences et d’aider les employeurs à offrir de véritables possibilités d’avancement. 

Les entreprises adaptées et les services spécialisés de main-d’œuvre (SEMO) devraient aussi, lorsque c’est souhaité par la personne, favoriser la transition vers des emplois réguliers pour les personnes ayant une déficience intellectuelle.

Même si des progrès ont été réalisés en matière d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI), les personnes ayant une déficience intellectuelle sont encore trop souvent oubliées dans les mesures visant l’égalité des chances.

Elles doivent pouvoir avoir accès aux mêmes possibilités de développer leurs compétences et de progresser dans leur carrière que les autres. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Mettre en place des mesures pour aider les personnes ayant une déficience intellectuelle à progresser dans leur carrière, par exemple en les informant des possibilités de d’avancement, en facilitant leur accès à la formation continue, ou encore en favorisant la mise en place de mesures d’accommodement;  
  • Aider les milieux de travail à reconnaître les obstacles rencontrés par les personnes et à mettre en place des adaptations qui favorisent leur développement professionnel. 
  • Encourager les employeurs à adapter leurs méthodes d’évaluation du travail afin qu’elles soient inclusives pour les personnes ayant une déficience intellectuelle. 

Il existe encore beaucoup de préjugés sur les capacités des personnes ayant une déficience intellectuelle.  

La SQDI souhaite que le gouvernement agisse davantage pour déconstruire ces idées et préjugés.  

Pour favoriser l’égalité des chances en emploi, il faut mettre en place plusieurs actions, comme des campagnes de sensibilisation auprès de la population et des employeurs, ainsi qu’un meilleur soutien aux organismes communautaires qui contribuent aux services d’aide à l’emploi. 


Demandes

La SQDI demande au gouvernement du Québec de :  

  • Mettre en place des campagnes de sensibilisation pour :  
    • mieux faire connaitre les compétences et les réalisations des travailleuses et travailleurs ayant une déficience intellectuelle. 
    • sensibiliser les familles, les intervenantes et intervenants ainsi que les personnes qui accompagnent les personnes ayant une déficience intellectuelle à leurs capacités à travailler, avec le soutien nécessaire.  
    • informer les employeurs sur les avantages d’embaucher des personnes ayant une déficience intellectuelle et sur leurs compétences. 
    • former et sensibiliser les milieux de travail à l’embauche inclusive.  
  • Encourager les employeurs à mettre en place des adaptations dès le processus d’embauche, par exemple en révisant les critères de sélection pour garder seulement ceux qui sont réellement nécessaires. Certains critères, comme exiger un diplôme d’études secondaires, ne sont pas toujours indispensables pour certains emplois et peuvent créer des obstacles injustes. 

Pas toutes les personnes peuvent nécessairement occuper un emploi. Il est donc important d’offrir d’autres façons de participer activement à la collectivité et d’avoir un rôle social actif. 


Demande

La SQDI demande au gouvernement du Québec de : 

  • Offrir des services et des activités de qualité, accessibles à toutes les personnes, qui permettent l’atteinte aux personnes ne pouvant pas intégrer le marché du travail de participer activement à la collectivité et d’avoir un rôle social actif. 

Ressources & outils


Personnes responsables

Samuel Ragot

Samuel Ragot

Analyste sénior aux politiques publiques et conseiller à la défense des droits

Olma Soulaiman

Olma Soulaiman

Coordonnatrice de l’initiative en emploi Programme Prêts, disponibles et capables