Orientations de base
Les prises de position de la SQDI reposent sur des principes, des demandes et des orientations de base.
Ces principes de base comprennent notamment :
- la responsabilité du gouvernement d’offrir les services et de répartir la richesse de façon équitable;
- la solidarité avec les autres groupes qui cherchent plus d’équité et de justice sociale;
- la prise en compte de l’intersectionnalité, c’est-à-dire le fait que les personnes ayant une déficience intellectuelle et leurs proches peuvent vivre plusieurs formes de discrimination en même temps;
- la promotion du rôle social actif des personnes ayant une déficience intellectuelle;
- la reconnaissance et la valorisation du rôle essentiel des organismes communautaires.
Toutes les demandes de la SQDI doivent tenir compte de l’intersectionnalité. La déficience intellectuelle est une partie de l’identité, parmi d’autres.
Les personnes ayant une déficience intellectuelle peuvent aussi vivre d’autres formes d’exclusion liées à leurs différentes réalités. La SQDI s’engage à représenter toutes ces personnes, peu importe leur situation, et à rester solidaire des autres organisations qui défendent les droits et l’inclusion au Québec.

Qu’est-ce que l’intersectionnalité?
L’intersectionnalité est une façon de comprendre la réalité des personnes. Elle consiste à prendre en compte les différentes dimensions de l’identité d’une personne, comme le handicap, la couleur de peau, le statut d’immigration, le genre ou l’orientation sexuelle.
Elle permet de voir comment ces différentes dimensions peuvent se combiner et parfois augmenter les risques de discrimination, d’exclusion ou d’inégalités, par exemple le racisme, le sexisme, le capacitisme ou la xénophobie.
L’intersectionnalité a été définie par Kimberlé Crenshaw en 1989 pour parler plus spécifiquement de la situation des femmes noires vivant à la fois du sexisme et du racisme (Crenshaw, 1989).
Depuis, l’intersectionnalité est utilisée dans l’élaboration des politiques publiques au Québec et au Canada. Elle aide à comprendre quelles personnes seront touchées par une politique, et quels pourraient être ses effets.
Cette approche permet aussi de rendre les politiques plus inclusives. Elle aide aussi à repérer les groupes qui pourraient vivre davantage d’exclusion. Finalement, elle aide à réfléchir aux personnes dont les besoins n’ont pas été pris en compte ou qui devraient être mieux incluses à l’avenir.
Au Québec, l’Office québécois de la langue française définit l’intersectionnalité comme le :
« Cumul de différentes formes de domination ou de discrimination vécues par une personne, fondées notamment sur sa race, son sexe, son âge, sa religion, son orientation sexuelle, sa classe sociale ou ses capacités physiques, qui entraîne une augmentation des préjudices subis » (Office québécois de la langue française, 2019).
L’intersectionnalité aide à mieux comprendre la situation des personnes qui sont plus marginalisées dans la société. Certaines personnes vivent plusieurs réalités en même temps, ce qui peut rendre plus difficile l’accès aux services et au soutien dont elles ont besoin.
Exemples :
Les femmes noires en situation de handicap rencontrent plus d’obstacles pour accéder aux services que d’autres personnes.
De la même façon, les personnes ayant de faibles compétences en lecture et en écriture et celles issues de l’immigration peuvent avoir plus de difficulté à accéder à certaines ressources, notamment parce que l’information est difficile à comprendre ou que les démarches sont complexes.
L’intersectionnalité permet d’améliorer les programmes et politiques pour les rendre plus inclusifs et de développer des initiatives permettant l’atteinte de l’égalité réelle pour certaines populations (Masson et Butler, 2021). L’analyse intersectionnelle profite à tout le monde.
Ressources :
Crenshaw, K. (1989). Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics. University of Chicago Legal Forum, 1989(1), 31. : https://chicagounbound.uchicago.edu/uclf/vol1989/iss1/8/
Cours sur l’analyse comparative entre les sexes plus : formation en ligne et gratuite offerte par le gouvernement du Canada : https://femmes-egalite-genres.canada.ca/fr/analyse-comparative-entre-sexes-plus/suivez-cours.html
Présentation de l’approche intersectionnelle– Commission ontarienne des droits de la personne : https://www.ohrc.on.ca/fr/approche-intersectionnelle-de-la-discrimination-pour-traiter-les-plaintes-relatives-aux-droits-dela/pr%C3%A9sentation-de-l%E2%80%99approche-intersectionnelle
L’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés : l’évolution de la conception de la Cour suprême du Canada du droit à l’égalité garanti par la Charte : https://lop.parl.ca/staticfiles/PublicWebsite/Home/ResearchPublications/HillStudies/PDF/2013- 83-F.pdf
Donner plus de moyens au gouvernement

Pour la SQDI, l’inclusion est une responsabilité partagée. Malgré cela, c’est au gouvernement que revient le rôle de financer et de coordonner les services et les actions pour favoriser l’inclusion dans la société.
Le gouvernement est aussi le seul à pouvoir réduire les inégalités sociales, garantir un accès équitable aux services partout au Québec et mettre en place des politiques publiques qui soutiennent l’inclusion dans tous les milieux.
Il est donc essentiel de donner au gouvernement les moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs collectifs. Au cours des dernières années, la réduction des dépenses publiques (périodes d’austérité), les coupures dans les budgets et les réductions d’impôt ont fait diminuer les ressources disponibles pour les services publics. Ces décisions ont nui à la qualité des services et ont contribué à augmenter les inégalités.
Cette réalité se fait aussi sentir dans le domaine de la déficience intellectuelle. On observe l’émergence d’un système à deux vitesses : les personnes qui en ont les moyens se tournent vers le privé, tandis que les autres ont peu de services ou doivent attendre longtemps pour y avoir accès.
Cette situation n’est pas acceptable et elle remet en question le modèle social du Québec.
Pour la SQDI, le gouvernement doit revoir ses priorités. Il doit renforcer les services publics, la prévention et le soutien aux personnes qui en ont le plus besoin.
Pour y arriver, le gouvernement du Québec doit investir dans sa plus grande force : ses travailleuses et travailleurs qui offrent les services chaque jour avec professionnalisme, respect et bienveillance.
Au lieu de financer des projets très coûteux qui aident peu de gens, le gouvernement devrait investir dans ce qui est vraiment important pour la population : des services publics de qualité, fiables et accessibles à tout le monde.
La SQDI souhaite que les personnes et les organisations, qui ont du pouvoir au Québec, comprennent bien l’ampleur des défis et y répondent de façon juste et adaptée.
Pour y parvenir, la SQDI considère qu’il est essentiel de :
- protéger les services publics, qui doivent rester universels, gratuits et accessibles;
- améliorer et renforcer les services en déficience intellectuelle dans tout le système gouvernemental;
- mieux accompagner et tenir compte des besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle;
- mieux reconnaître le rôle des organismes communautaires et augmenter leur financement à la mission;
- favoriser le rôle social actif pour les personnes ayant une déficience intellectuelle;
- améliorer et moderniser le transport adapté et le transport en commun.

Garder des services publics, gratuits et accessibles pour tous
Les personnes ayant une déficience et leurs proches doivent utiliser les services de plusieurs ministères et organismes du gouvernement du Québec. Malheureusement, ces services fonctionnent souvent séparément, ce qui rend les démarches compliquées et difficiles à comprendre. Le gouvernement devrait adopter une approche plus globale pour mieux répondre aux besoins des personnes.
Même si des améliorations été faites ces dernières années pour simplifier certaines démarches, les récents changements dans le réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que dans d’autres ministères, ont rendu l’accès aux services plus difficile. Il n’y a pas toujours un parcours clair pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte et le vieillissement.
La SQDI souhaite que ces services soient publics, gratuits, universels, et surtout plus faciles d’accès pour les personnes ayant une déficience intellectuelle et leurs proches. Le gouvernement devrait simplifier les démarches et de mieux coordonner les services entre les différents ministères et programmes.
Demandes
La SQDI demande au gouvernement du Québec de :
- offrir des services publics de qualité, facilement accessibles partout au Québec et pour tout le monde;
- adopter une approche intersectionnelle, c’est-à-dire qui tient compte de la diversité des personnes et leurs différentes réalités;
- investir davantage dans les services publics et reconnaitre le travail des travailleuses et travailleurs du secteur public;
- mettre en place des mesures fiscale plus équitables pour trouver de nouvelles sources de revenus.

Améliorer les services en déficience intellectuelle dans tous les ministères
Pour favoriser l’inclusion sociale et la participation économique des personnes ayant une déficience intellectuelle et de leurs proches, il est important d’avoir des services continus et adaptés tout au long de la vie.
La déficience intellectuelle dure toute la vie. Même si plusieurs personnes ayant une déficience intellectuelle sont autonomes, elles peuvent avoir besoin de soutien à différentes étapes de leur vie.
Pourtant, depuis plusieurs années, les services publics en déficience intellectuelle ne répondent pas suffisamment aux besoins. Les services directs aux personnes diminuent, tandis que les coûts liés à l’administration augmentent.
Par exemple, même si les budgets augmentent, le réseau de la santé et des services sociaux n’arrive pas toujours à répondre aux besoins. Dans certains cas, des familles doivent se tourner vers le privé pour obtenir des services, ce qui peut mettre leur situation financière en difficulté.
Pour ce qui est des budgets des organismes communautaires, ils ne suivent pas l’augmentation des besoins. Ces organismes doivent donc faire plus avec moins de ressources. Cela crée une pression importante, autant pour les personnes qui reçoivent les services que pour les travailleuses et travailleurs du milieu communautaire, qui ont souvent des salaires et de conditions de travail inférieurs à ceux des secteurs public et privé.
« Les enjeux des services publics devront dorénavant non seulement être axés sur la quantité mais aussi sur la qualité. Une dégradation de la qualité des services est notable en DI : manque d’expertise, interventions fragmentées et roulement du personnel. Beaucoup de consultants, mais peu d’intervention directe. Et cela, ça coûte cher! »
— Personne répondante au sondage sur la santé et les services sociaux, octobre 2025.
De plus, certains ministères offrent maintenant des « épisodes de services » plutôt qu’un suivi continu. Il s’agit d’interventions limitées dans le temps, qui ne couvrent que certains besoins. Une fois ces services terminés, le dossier est fermé ou la personne est remise en attente.
Ce manque de continuité crée plusieurs problèmes : désorganisation, augmentation des difficultés de comportement, et sentiment d’abandon. Cela peut aussi mener à un grand épuisement pour les familles.
Ces problèmes font en sorte qu’à des moments importants, comme la petite enfance ou la fin de la scolarisation, plusieurs familles n’ont pas accès aux services dont elles ont besoin. Elles doivent alors se débrouiller avec peu de soutien.
Pour la SQDI, il est nécessaire de revoir l’organisation des services des différents ministères et organismes afin de garantir un parcours plus clair et continu, et de permettre aux personnes d’obtenir les bons services au bon moment.
Demandes
La SQDI demande au gouvernement du Québec de :
- améliorer les services en déficience intellectuelle pour qu’ils répondent aux besoins des personnes tout au long de leur vie, qu’ils soient faciles d’accès et offerts en quantité suffisante;
- améliorer la collaboration entre les ministères, les organismes gouvernementaux et le réseau communautaire, afin qu’ils travaillent mieux ensemble;
- donner accès aux programmes et services selon les besoins des personnes, et non en fonction de la présence ou l’absence de diagnostics précis;
- adopter une approche basée sur le parcours de vie, avec un suivi continu et à long terme, plutôt que des interventions ponctuelles ou en situation d’urgence;
- assurer des services disponibles partout au Québec, peu importe la région.

Mieux accompagner et prendre en compte les besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle
Comme les services sont offerts par plusieurs ministères et organismes, il peut être difficile pour les personnes ayant une déficience intellectuelle et leurs proches de savoir où s’adresser et comment obtenir le soutien dont ils ont besoin.
La SQDI souhaite que le gouvernement mette en place des mesures pour mieux accompagner les personnes ayant une déficience intellectuelle dans leurs démarches et de leur faciliter l’accès aux services. Elle souhaite aussi que les personnes ayant une déficience intellectuelle soient davantage prises en compte dans les programmes et les priorités du gouvernement.
Il est aussi important de tenir compte des défis liés au « virage numérique ». Certaines personnes ont peu de compétences numériques ou un accès limité aux technologies, ce qui peut rendre l’accès aux services plus difficile (Hébert, 2024).
L’objectif est de rendre les services plus simples d’accès, plus humains et mieux adaptés aux besoins des personnes, en misant sur l’accompagnement et l’expertise du personnel des services publics et des organismes communautaires.

Qu’est-ce que le virage numérique?
Selon l’Office québécois de la langue française, le virage numérique est le « fait, pour une organisation ou une personne, de recourir aux technologies numériques afin d’accroître son efficience, et de s’adapter aux nouvelles réalités du numérique. […]
Le virage numérique peut marquer le début de la numérisation ou de la transformation numérique d’une organisation.
Par exemple, une entreprise prend un virage numérique en créant une application mobile, et sa clientèle, en s’en servant. Le développement de la dextérité numérique est donc un élément clé du virage numérique. » (Office québécois de la langue française, 2022)

Qu’est-ce que la fracture numérique?
La fracture numérique est une « inégalité, pour une personne, une communauté ou un territoire, liée aux technologies de l’information et de la communication et à Internet. […]
La fracture numérique comprend trois degrés :
- l’accès aux technologies et à Internet,
- les compétences nécessaires à leur utilisation,
- les bénéfices tirés de leur usage.
La fracture numérique s’observe notamment entre les jeunes et les personnes âgées, entre les populations urbaines et les populations rurales, et entre les pays développés et les pays en développement. » (Office québécois de la langue française, 2025)
Demandes
La SQDI demande au gouvernement du Québec de :
- poursuivre le processus de simplification et d’harmonisation des démarches entrepris par l’Office des personnes handicapées du Québec;
- offrir l’information sur les programmes et services dans divers formats, et pas seulement en ligne, afin que tout le monde puisse y avoir accès;
- mettre en place un dossier unique pour chaque personne ayant une déficience intellectuelle et assurer un accompagnement continu tout au long de sa vie, afin qu’elle puisse obtenir les bons services au bon moment.

Mieux reconnaitre le rôle des organismes et augmenter leur financement
Au Québec, les organismes communautaires jouent un rôle essentiel auprès de la population. Pourtant, leur contribution n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur.
Même s’il existe des politiques et des plans d’action pour les soutenir, ceux-ci ne répondent pas pleinement à leurs besoins. (Gouvernement du Québec, 2022a)
Les sommes accordées aux organismes communautaires sont souvent insuffisantes pour leur permettre de réaliser leur mission. (Réseau québécois de l’action communautaire autonome, 2025). De plus, plusieurs organismes dépendent de plus en plus d’ententes de services avec le gouvernement pour financer leurs activités.
Cependant, les organismes communautaires ne sont pas là pour remplacer les services du gouvernement ni pour offrir des services à moindre coût. Ils ont leur propre mission et jouent un rôle complémentaire important dans la collectivité.
Pour la SQDI, il est essentiel de mieux reconnaitre l’importance des organismes communautaires, de respecter leur autonomie et de leur offrir un financement adéquat.
Demandes
La SQDI demande au gouvernement du Québec de :
- reconnaitre davantage l’importance des organismes communautaires dans la société québécoise;
- reconnaitre leur contribution essentielle dans l’organisation des services;
- leur offrir un financement suffisant pour qu’ils puissent réaliser leur mission;
- respecter leur autonomie et leur indépendance.

Favoriser le rôle social actif des personnes
Les personnes ayant une déficience intellectuelle doivent participer pleinement à la société. Elles ont beaucoup à apporter à leur collectivité, tant sur le plan social que dans le monde du travail.
Pour la SQDI, une véritable inclusion passe par le soutien nécessaire pour permettre aux personnes ayant une déficience intellectuelle de participer activement à la vie de leur collectivité (c’est-à-dire exercer un rôle social actif) tout au long de leur vie.

Qu’est-ce que le rôle social actif?
Le rôle social actif a été pensé et développé comme une façon de donner aux personnes une réelle participation sociale, enrichissante et au service de la collectivité.
Concrètement, le rôle social actif sert à :
- occuper une place reconnue et valorisée en société;
- développer
éses compétences et sa confiance en soi; - faire connaitre ses forces et ses capacités;
- contribuer à la vie sociale et économique de la collectivité;
- lutter contre les préjugés et la discrimination envers les personnes en situation de handicap (capacitisme).
En mettant en valeur les forces et les capacités des personnes ayant une déficience intellectuelle, le rôle social actif vise donc à changer le regard de la société et à favoriser une inclusion plus réelle.
Avoir un rôle social actif dans la société ne signifie pas que les personnes doivent seulement travailler ou être productives. Les loisirs, le plaisir et les moments de détente demeurent importants. Cependant, les loisirs peuvent aussi être une occasion de développer ses compétences, de contribuer dans la société, de rencontrer d’autres personnes et de prendre une place active dans la société.
Par exemple, ces « loisirs sérieux » (Sachsman, 2017) peuvent prendre diverses formes, comme le bénévolat, l’apprentissage de nouvelles habiletés, la pratique d’activités manuelles ou artistiques, ou encore la découverte de nouveaux intérêts et connaissances.
Le rôle social actif peut être développé à toutes les étapes de la vie, de l’enfance jusqu’au vieillissement, peu importe le niveau de déficience intellectuelle de la personne.
Il évolue selon les besoins, les intérêts et les aspirations de chacun. Le rôle social actif vise à soutenir le développement des compétences tout au long de la vie, en mettant l’accent sur les forces, les intérêts et les objectifs des personnes, plutôt que sur leurs limitations.
Critères du rôle social actif
1) Agentivité :
L’agentivité est la capacité à agir sur son environnement. Le rôle social actif est une forme active de participation sociale où la personne agit concrètement et n’est pas seulement spectatrice.
Exemple : Léa est une porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. Elle rencontre des journalistes pour parler des enjeux liés à la déficience intellectuelle. Elle participe ainsi à changer les choses dans sa collectivité, en posant des actions qui ont un impact positif pour la société.
2) Engagement direct dans la collectivité
Dans son rôle social actif, la personne interagit directement avec les autres membres de la collectivité. Elle n’est pas seulement aidée, elle peut aussi aider les autres. La relation est réciproque et bénéfique pour tous.
Exemple : Chaque mardi soir, Alexandre accompagne Michel, une personne aînée, pour l’aider à aller à l’épicerie.
3) Effets sur la personne et sur la collectivité
Le rôle social actif a des effets positifs, concrets et significatifs, autant pour la personne que pour la collectivité.
En participant activement à la société, les personnes contribuent positivement à leur milieu tout en développant leurs compétences et leur autonomie.
Pourquoi le « rôle social actif » plutôt que la « participation sociale »?
Le concept de rôle social actif a été développé pour aller plus loin que celui de participation sociale. À l’époque, la participation sociale était souvent vue comme des activités pour maintenir les acquis ou accomplir certaines tâches. Cependant, cela ne permet pas, toujours de développer des compétences ou de contribuer à la société.
Le rôle social actif vise donc à mieux soutenir les personnes ayant une déficience intellectuelle pour qu’elles puissent prendre leur place et participer de façon plus active et complète à la société.
Principales différences avec la participation sociale
- Le rôle social actif permet aux personnes de contribuer à la société et de développer leur pouvoir d’agir.
- Il permet aussi une meilleure reconnaissance sociale des personnes : elles sont valorisées par la société, ce qui renforce leur estime de soi, leur donne une place reconnue et aide à réduire les stéréotypes.
- Le rôle social actif favorise également le développement de l’autonomie. Les personnes deviennent des participantes à part entière de leur propre vie et de leur collectivité, plutôt que de simples bénéficiaires ou spectateurs.
- Il encourage aussi une participation à long terme à la vie collective et aide à créer un vrai sentiment d’appartenance.
De façon générale, le rôle social actif permet de passer d’un rôle d’observateur à une participation active dans la société. De plus, il soutient l’épanouissement des personnes tout en ayant des effets positifs sur la collectivité.
Demande
La SQDI demande au gouvernement du Québec d’intégrer la notion de rôle social actif dans toutes ses politiques et tous ses programmes destinés aux personnes ayant une déficience intellectuelle, et ce, tout au long de leur vie.

Améliorer et moderniser le transport adapté et le transport en commun
Le transport est essentiel pour permettre aux personnes ayant une déficience intellectuelle de jouer un réel rôle social actif et de développer leur autonomie.
Il faut donc continuer à améliorer son accès. Comme tous les autres citoyennes et citoyens, elles devraient pouvoir se déplacer selon leurs besoins, sans obstacles liés aux coûts, à l’organisation ou aux horaires, et ce, partout au Québec.
Malgré des changements dans le secteur du transport de personnes, les services pour les personnes en situation de handicap continuent de se dégrader. Les besoins sont très grands, mais l’offre de services ne suffit pas à y répondre.
Partout au Québec, les organismes communautaires et les familles rapportent des difficultés d’accès au transport adapté : activités annulées faute de transport, déplacements limités à certains jours ou à certaines heures, rendez-vous médicaux annulés, etc.
Dans certains cas, les sociétés de transport public ont même confié le transport adapté à des entreprises privées, sans toujours mesurer les effets de ces changements sur les personnes concernées.
En réponse, la SQDI demande de revoir en profondeur l’offre de transport pour les personnes en situation de handicap et que le gouvernement du Québec investisse davantage pour répondre aux besoins réels.
Demandes
La SQDI demande au gouvernement du Québec de :
- investir davantage dans le transport adapté et le transport en commun afin d’améliorer les services;
- offrir de la formation adaptée aux personnes ayant une déficience intellectuelle pour les aider à utiliser le transport adapté ou le transport en commun;
- s’assurer que les services de transport en région répondent aux besoins de base des personnes, peu importe le moment de la journée;
- former le personnel du transport public et privé afin d’offrir un service sécuritaire et de qualité;
- développer et utiliser des outils technologiques pour rendre le transport plus flexible, tout en restant accessible à tout le monde.


