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Quand 4,5 milliards séparent la dignité du manque

14 mai 2026

Jeudi le 14 mai 2026, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (l’IRIS) a sorti un article portant sur le coefficient du panier calculé par Statistique Canada

Qu’est‑ce que le coefficient du panier?

Le coefficient du panier de consommation est un nombre utilisé pour ajuster la Mesure du panier de consommation (MPC) selon l’endroit où une personne habite et la taille de sa famille.Cet indicateur, qui représente le ratio entre le revenu disponible des ménages et les seuils de la Mesure du panier de consommation (MPC), met en lumière des écarts importants.  

La Mesure de panier de consommation (MPC) est un outil utilisé au Canada pour estimer le revenu minimum nécessaire pour répondre aux besoins de base d’une personne ou d’une famille. 

La MPC sert à répondre à cette question : Combien d’argent faut-il pour vivre de façon modeste, sans être en situation de pauvreté extrême? 

Elle calcule le coût de plusieurs dépenses essentielles, comme : 

  • la nourriture, 
  • le logement, 
  • les vêtements, 
  • le transport, 
  • et certains autres biens et services de base. 

Le montant varie selon la taille de la famille et l’endroit où elle vit, parce que le coût de la vie n’est pas le même partout (par exemple à Montréal vs dans une petite ville). 

C’est dans ce contexte que laSociété québécoise de la déficience intellectuelle (SQDI)co‑signe une lettre ouverte pour faire écho à ces constats et rappeler l’urgence d’agir. 

Le message central de la lettre est que des centaines de milliers de personnes au Québec n’arrivent pas à couvrir leurs besoins essentielsalors même que la société québécoise dispose collectivement des ressources nécessaires pour y remédier. 

Statistique Canada montre que 7 % de la population vit sous le seuil de la Mesure du panier de consommation (MPC), soit le revenu minimal pour couvrir un niveau de vie modeste. Certains groupes sont particulièrement touchés : 

  • personnes vivant seules (19,3 %) 
  • familles monoparentales (25,2 %) 
  • personnes vivant avec une incapacité (12,6 %) 

Ne pas pouvoir couvrir ses besoins de base entraîne des conséquences lourdes : stress constant, alimentation insuffisante, logement inadéquat et impacts sur la santé. 

Le coefficient du panier, révèle l’ampleur des écarts : 

  • les 10 % les plus riches peuvent acheter 4,57 paniers, 
  • les 10 % les plus pauvres n’atteignent que 64 % d’un panier, ce qui correspond à la pauvreté économique extrême. 

Un manque de 4,5 milliards… mais des ressources disponibles

Pour combler les besoins essentiels de toutes les personnes au Québec, il manquerait 4,5 milliards de dollars. Ce montant représente seulement 2,5 % du surplus cumulé des ménages les plus riches.  

Autrement ditles ressources existent déjàet une meilleure redistribution pourrait combler l’écart sans affecter significativement le niveau de vie des plus fortunés. 

La Charte québécoise reconnaît pourtant ledroit à un niveau de vie décentet la lutte contre la pauvreté est unimpératif nationalLes données montrent clairement quele Québec a les moyens d’assurer ce droit pour toutes et tous. 

Photo : Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

Une lettre ouverte pour rappeler l’urgence d’agir

La Société québécoise de la déficience intellectuelle (SQDI) co‑signe une lettre ouverte avec plus de 50 organismes pour souligner :

  • l’ampleur des écarts révélés par la MPC,
  • l’urgence d’assurer un revenu décent à toutes et tous.

Le message central : ➡️ Des centaines de milliers de personnes au Québec n’arrivent pas à couvrir leurs besoins essentiels, alors que la société dispose collectivement des ressources pour y remédier.