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Déficience intellectuelle en prison : les critiques dénoncent l’absence de changements concrets

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9 juillet 2026

Malgré des dénonciations répétées et des cas médiatisés, les personnes ayant une déficience intellectuelle continuent d’être envoyées en prison au Québec, alors que le système carcéral n’est pas adapté à leurs besoins et qu’aucun changement majeur ne semble avoir été mis en place pour corriger la situation.

Le cas de Vincent

Un article récent de La Presse présente l’histoire de Vincent (nom fictif), un homme dans la trentaine vivant avec une déficience intellectuelle.

Après un nouveau séjour en détention, il a connu plusieurs crises. Il s’est finalement enfui nu en plein hiver. Il a été retrouvé dans un banc de neige avec de graves engelures et a dû être amputé de plusieurs phalanges. Selon son avocate, la prison n’a fait qu’aggraver sa situation puisqu’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. 

Ce cas n’est pas isolé. Le Protecteur du citoyen a récemment dénoncé la gestion des personnes vulnérables dans les centres de détention québécois. Son rapport fait état d’un manque de services adaptés et d’un recours fréquent à des mesures coercitives plutôt qu’à un accompagnement spécialisé. 

Les principaux constats

  • Les personnes ayant une déficience intellectuelle sont surreprésentées en prison, même si elles représentent environ 1 % de la population générale.
  • Les intervenants constatent une augmentation de ces situations, mais il n’existe toujours pas de données précises sur leur nombre dans les établissements de détention québécois. 
  • Selon plusieurs experts, la prison sert souvent de solution de rechange lorsque les ressources sociales, de santé ou d’hébergement sont insuffisantes.
  • Plus d’un an après le cas de Florence, une jeune femme déficiente intellectuelle dont l’histoire avait suscité l’indignation publique, des spécialistes affirment que rien de significatif n’a changé.

La réaction du gouvernement

Le ministère de la Sécurité publique affirme partager les préoccupations du Protecteur du citoyen et dit vouloir travailler avec le ministère de la Santé pour appliquer les recommandations formulées.

Il soutient également que le personnel correctionnel reçoit une formation pour intervenir auprès de ces clientèles vulnérables.

Ce qu’on doit retenir

L’article met en lumière un problème systémique : des personnes ayant une déficience intellectuelle se retrouvent en prison faute de services adaptés ailleurs.

« Il y a un vrai manque de considération dans les politiques publiques. On ne les suit pas dans leur trajectoire complète. » – Amélie Duranleau, directrice générale de la Société québécoise de la déficience intellectuelle

Les experts interrogés estiment que, malgré les rapports et les promesses, les solutions concrètes tardent à se matérialiser, laissant ces personnes particulièrement vulnérables aux conséquences du système carcéral.

Crédit photo : Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse