
Financement du transport adapté: une crise annoncée
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4 mai 2026
La SQDI partage l’inquiétude de plusieurs organismes et usagers du transport adapté parue le 4 mai 2026 dans Le Devoir. Ces inquiétudes concernent la décision du gouvernement du Québec de modifier le calcul des modalités de financement de leur service de transport adapté.
Le gouvernement du Québec prévoit modifier la façon dont il calcule le financement du transport adapté.
En raison de cette nouvelle méthode de calcul, il y aura un manque à gagner de 12,5 millions de dollars est anticipé en 2026 dans la région de Montréal, et ce déficit pourrait continuer d’augmenter pour atteindre 63 millions en 2028, selon l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).
Les usagers craignent qu’une telle situation entraîne une dégradation importante des services.
Une décision budgétaire qui ne tient pas compte des besoins sur le terrain
Cette décision découle du budget déposé en mars.
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a choisi de baser les subventions de 2026 sur les données d’achalandage de 2024, plutôt que sur celles de 2025 comme prévu initialement.
Or, l’achalandage du transport adapté est en forte hausse depuis la pandémie, ce qui crée un écart financier important. Un ajustement pourrait être fait en fin d’année selon les déplacements réellement effectués, mais aucune garantie n’a été donnée par le gouvernement du Québec.
Dominic Palladini, directeur du Regroupement des usagers du transport adapté et accessible de l’île de Montréal, affirme que les sociétés de transport subissent déjà des compressions sévères : « On ne coupe plus dans le gras, on coupe dans la moelle épinière directement. ».
Il craint des mesures comme le plafonnement du nombre de déplacements ou l’ajout d’un passager par véhicule.
La politique « zéro refus » menacée
L’article souligne aussi l’inquiétude de Marie Turcotte, usagère et ancienne responsable du transport à Ex æquo.
Elle redoute que la politique du « zéro refus », qui garantit un transport à tout usager réservant 24 h à l’avance, soit remise en question.
Elle rappelle que cette politique réduit grandement le stress des usagers et favorise leur participation sociale.
Une augmentation drastique des besoins
Enfin, l’article note que les besoins augmentent rapidement : la proportion de personnes à mobilité réduite à Montréal est passée de 16 % en 2016 à 21 % en 2022, ce qui accentue la pression sur le transport adapté.
En basant le financement sur des données dépassées, Québec crée un déficit structurel qui menace directement l’accessibilité, la qualité et la continuité du transport adapté.
De nombreux organismes, dont la SQDI, sonnent l’alarme : sans ajustement, les services risquent de s’effondrer au moment même où les besoins augmentent.






