
Déficience intellectuelle et itinérance : l’angle mort du Québec
- Lettre ouverte
28 février 2026

La SQDI publie, le samedi 28 février, une lettre ouverte dans La Presse en réaction au reportage sur Mélissa et Jérémie*. Ces deux jeunes adultes ayant une déficience intellectuelle vivent dans la rue. Ce reportage rappelle une réalité qui dérange : faute de services adaptés, trop de personnes ayant une déficience intellectuelle se retrouvent dans la rue.
De plus, la réaction de la ministre Sonia Bélanger à l’Assemblée nationale, illustre la déresponsabilisation du gouvernement face aux personnes les plus vulnérables.
La SQDI dénonce le fait que les personnes ayant une déficience intellectuelle sont beaucoup plus à risque de se retrouver en situation d’itinérance, mais que le Québec ne tient presque jamais compte de leurs besoins particuliers dans ses politiques.
Les données montrent qu’elles sont nettement surreprésentées parmi les personnes itinérantes, même si les chiffres précis manquent. L’histoire de Mélissa et Jérémie* révèle un système qui échoue à les protéger : services fragmentés, absence de soutien, et la rue comme seule issue.
Les constats principaux
- Les personnes handicapées sont quatre fois plus susceptibles de devenir itinérantes.
- Elles passent par plusieurs systèmes (école, DPJ, santé, services sociaux, parfois justice) avant d’aboutir à la rue, ce qui montre des défaillances structurelles.
- Les plans gouvernementaux parlent d’adapter les interventions, mais aucune mesure concrète ne tient compte des besoins spécifiques liés à la déficience intellectuelle.
- Cette absence de mesures entraîne désorganisation, ruptures de services, placements inadéquats et précarité résidentielle chronique.
Les solutions proposées
La SQDI, comme ses partenaires, demandent des actions ciblées et réalistes :
- Un plan d’action spécifique pour prévenir et réduire l’itinérance chez les personnes ayant une déficience intellectuelle.
- Des hébergements temporaires adaptés, avec du personnel formé.
- Des programmes de réinsertion sociale spécialisés.
- Un accompagnement intensif pour les jeunes adultes quittant la protection de la jeunesse.
Ces mesures sont réalisables, conformes aux engagements internationaux du Québec et pourraient transformer des trajectoires de vie.
L’itinérance des personnes ayant une déficience intellectuelle n’est jamais un choix. C’est le résultat d’un système qui les laisse tomber.
L’histoire de Mélissa et Jérémie& doit servir d’électrochoc : les politiques actuelles sont insuffisantes. Il est urgent d’agir autrement pour que ces personnes ne soient plus condamnées à la rue.
Crédit photo : Dominick Gravel, Archives La Presse





