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Trouver un milieu de vie adapté : un défi pour trop de familles

  • Reportages

9 septembre 2026

Un article publié récemment par La Presse démontre l’ampleur des défis que rencontrent les familles pour trouver un milieu de vie adapté pour les personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle.

Une mère à bout de souffle

Daphnée Gagnon est la mère d’un jeune homme de 18 ans autiste non verbal, ayant une déficience intellectuelle et en situation de trouble grave du comportement.

La cohabitation était de plus en plus difficile depuis plusieurs années. Son fils avait souvent besoin d’aller à l’urgence lors de crises. La famille vivait beaucoup de stress, d’épuisement et d’isolement. La mère a finalement obtenu une place temporaire en hébergement pour son fils après avoir publié un message sur les réseaux sociaux. Son appel à l’aide avait été repartagé par de nombreuses personnes.

Elle trouve toutefois inacceptable d’avoir dû lancer un appel à l’aide public pour obtenir du soutien. 

Un système difficile à comprendre

Il n’existe pas de système unique pour demander une place en hébergement pour les personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle selon Santé Québec. Les règles et les critères varient selon le type de ressource recherchée. 

Cette situation peut être difficile pour les familles qui cherchent de l’aide et qui ne savent pas toujours vers qui se tourner.

Les listes d’attente interminables

Au Québec, plus de 16 000 places en hébergement sont offertes aux personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle.

Cela n’empêchait pas 2 193 personnes de toujours être en attente pour une place au printemps dernier.  

Le réseau aurait besoin augmenter sa capacité d’environ 13 % pour répondre à toute la demande. 

Un manque de ressources spécialisées

Les listes d’attente peuvent durer plusieurs années. Lorsqu’on trouve en fin une place, certaines familles s’inquiètent de la qualité des services

Des intervenantes du milieu disent qu’il manque parfois de personnel formé en autisme. Elles soulignent aussi qu’il y a un grand roulement de personnel dans certaines ressources. 

Le nombre de personnes ayant un diagnostic d’autisme augmente depuis plusieurs années, mais les ressources disponibles ne suivent pas le rythme selon Autisme Montréal.

Miser sur des initiatives issues du milieu

Certaines initiatives offrent de nouvelles options. 

C’est le cas de Chez-nous solidaire, un projet de logements supervisés à Mercier. Les adultes qui y vivent ont leur propre appartement, tout en pouvant recevoir de l’aide lorsque nécessaire.  

Le projet est très apprécié, mais la demande est déjà plus grande que le nombre de places disponibles. On compte plus de 40 personnes en attente. Béatrice Pinot, directrice générale de Chez-nous solidaire, rappel que les besoins sont criants. 

En conclusion

L’article montre que plusieurs familles d’une personne autiste ou ayant une déficience intellectuelle ont beaucoup de difficulté à trouver un milieu de vie adapté.

Les listes d’attente sont longues, les ressources sont insuffisantes et l’accès aux services est complexe.

Même si de nouveaux projets voient le jour, les besoins demeurent très importants partout au Québec

La position de la SQDI

Dans ses Orientations et demandes 2026, la SQDI réclame des actions concrètes pour :

  • améliorer la qualité de vie dans tous les milieux;
  • développer des milieux de vie par et pour la communauté
  • soutenir et accompagner les personnes dans l’accès à un milieu de vie adéquat;
  • favoriser le maintien à domicile
  • améliorer les programmes de soutien en habitation;
  • lutter contre la précarité résidentielle et l’itinérance

Chaque personne devrait pouvoir choisir un milieu de vie qui respecte ses besoins, son autonomie, ses aspirations et sa dignité.

Jean-François Rancourt

Jean-François Rancourt

Analyste aux politiques publiques et conseiller à la défense des droits

Sur la photo : Daphnée Gagnon et son autre fils de 7 ans

Crédit photo : Simon Laliberté, La Presse