
Lettre ouverte : une campagne électorale qui laisse de côté 1,5 million de personnes
- Lettre ouverte
1 octobre 2026
Ll’Alliance québécoise des regroupements régionaux pour l’intégration des personnes handicapées (AQRIPH), la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN), le Réseau communautaire en santé mentale (COSME), la Fédération québécoise de l’autisme (FQA) et la Société québécoise de la déficience intellectuelle (SQDI), dénoncent le peu de place accordée aux enjeux des personnes en situation de handicap pendant la campagne électorale.
Pourtant, près de 1,5 millions de personnes au Québec vivent avec une incapacité. En juin dernier, plusieurs de ces organismes avaient demandé aux partis de prendre des engagements concrets pour améliorer leur qualité de vie, notamment en matière de logement, d’emploi, de revenu, de transport, d’éducation ainsi que de santé et de services sociaux.
Cet appel à l’action est resté sans réponse
Un appel collectif
Les organisations ont décidé d’unir à nouveau leurs voix pour dénoncer le fait que plusieurs sujets essentiels sont largement ignorés pendant la campagne.
C’est le cas de sujets comme le transport adapté, l’accès à l’emploi, le logement accessible et le soutien à domicile. Ces mesures sont pourtant nécessaires pour permettre aux personnes en situation de handicap de vivre de façon autonome et de participer pleinement à la vie en société.
Les organismes dénoncent aussi ce qu’ils appellent le « capacitisme systémique ». En d’autres mots, plusieurs décisions et politiques sont encore conçues sans tenir compte, dès le départ, des besoins des personnes en situation de handicap.
Une réalité préoccupante pour les personnes ayant une déficience intellectuelle
Les organismes soulignent également certaines difficultés vécues par les personnes ayant une déficience intellectuelle.
Les plateformes électorales analysées ne prévoient aucun engagement précis pour favoriser leur accès à l’emploi. De plus, la rupture de services à l’âge de 21 ans demeure sans solution.
Pour plusieurs jeunes adultes, la fin de l’école signifie la perte de services, d’activités et de soutien importants. Aucune solution durable en emploi, en formation ou encourageant la participation sociale ne prend le relais.
Reconnaître des droits sans donner la chance aux personnes de les exercer
Au fil des années, le Québec a adopté des lois et des politiques qui reconnaissent les droits des personnes en situation de handicap. Les signataires estiment que la situation s’est détériorée dans certains domaines au cours des 15 dernières années.
Ils rappellent qu’une société inclusive ne devrait pas obliger les personnes à se battre continuellement pour obtenir des droits qui leur sont déjà reconnus.
Une mobilisation qui se poursuit
Les organisations signataires affirment qu’elles vont continuer de faire entendre leur voix auprès du prochain gouvernement, même quand la campagne sera terminée. La campagne électorale se termine bientôt, mais la mobilisation doit continuer.
En plus de publier une lettre ouverte et un article, elles ont également réalisé une vidéo pour sensibiliser la population et les décideurs aux réalités vécues par les personnes en situation de handicap. Cette initiative témoigne de leur volonté de maintenir la pression afin que ces enjeux occupent enfin une place dans les priorités gouvernementales.
Elles demandent que les personnes en situation de handicap soient considérées de façon équitable dans l’élaboration des politiques publiques.
Le Québec ne pourra devenir une société véritablement inclusive qu’en reconnaissant pleinement les talents, les aspirations et la contribution de toutes les personnes en situation de handicap.





