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Transport adapté : le Québec doit agir pour éviter un recul des services 

  • Reportages

2 septembre 2026

Le transport adapté est essentiel à l’autonomie et à la participation sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle. Pourtant, les services sont fragilisés par le manque de financement et l’augmentation des besoins. 

Le transport permet aux personnes ayant une déficience intellectuelle d’aller travailler, d’étudier, de recevoir des soins, de voir leurs proches et de participer à des activités. 

Quand le transport est difficile d’accès ou peu fiable, les personnes peuvent être empêchées de participer pleinement à la vie de leur collectivité. 

Des services menacés dans le Grand Montréal 

Le 1er septembre, un reportage de TVA Nouvelles a fait état des inquiétudes de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) concernant le financement du transport adapté dans le Grand Montréal. 

Selon une note interne obtenue par TVA Nouvelles, près de 1,8 million de déplacements pourraient ne pas être financés en 2027 si le financement du gouvernement du Québec n’est pas ajusté. 

Le principe du « zéro refus » pourrait aussi être remis en question. Pour les personnes qui utilisent le transport adapté, cela pourrait entraîner davantage de refus de déplacements et limiter leur capacité à travailler, étudier, recevoir des soins ou participer à des activités. 

Des appels à une vision à long terme 

Ces inquiétudes s’ajoutent à d’autres appels à l’action lancés au cours des derniers mois. 

En juin, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse rappelait, dans une lettre publiée dans Le Journal de Montréal, que le transport est essentiel pour avoir accès à plusieurs autres droits. Sans transport accessible, l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux soins de santé et à la participation citoyenne peut être compromis. 

L’Alliance des regroupements des usagers du transport adapté du Québec (ARUTAQ) demande aussi au prochain gouvernement du Québec de se donner une vision à long terme pour rendre la mobilité plus accessible. 

Elle demande notamment que le transport adapté et le transport collectif accessible soient reconnus comme des services publics essentiels et qu’ils bénéficient d’un financement stable et prévisible. 

La privatisation soulève des inquiétudes 

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) et le Syndicat du transport de Montréal (STM-CSN) ont également réagi aux informations sur l’avenir du transport adapté dans le Grand Montréal. 

Les trois organisations dénoncent le manque de financement et s’inquiètent de la possible remise en question du principe du « zéro refus ». 

Elles soulèvent aussi des préoccupations concernant le recours à des entreprises privées pour assurer une partie du transport adapté. Elles demandent un financement suffisant pour maintenir des services fiables et accessibles. 

Elles demandent également que les personnes qui utilisent le transport adapté et les travailleuses et travailleurs du secteur soient consultés sur les décisions qui touchent les services. 

Le transport permet de jouer un rôle social actif

Ces prises de parole montrent qu’il faut revoir la façon dont le Québec finance et organise le transport adapté. 

Pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, le transport n’est pas un service secondaire. Il est essentiel pour développer leur autonomie et jouer un rôle social actif. 

Partout au Québec, les personnes ayant une déficience intellectuelle, leurs proches et les organismes communautaires rapportent des difficultés d’accès au transport adapté. 

Des activités sont annulées faute de transport. Certains déplacements sont limités à certaines journées ou à certaines heures. Des rendez-vous médicaux sont annulés. Des personnes ont aussi de la difficulté à se rendre au travail ou à participer à des activités sociales. 

Ces situations limitent la liberté de se déplacer et la possibilité de participer pleinement à la vie de la collectivité. 

Les demandes de la SQDI 

Dans ses Orientations et demandes 2026, la SQDI demande au gouvernement du Québec de revoir en profondeur l’offre de transport pour les personnes en situation de handicap et d’investir davantage pour répondre aux besoins réels. 

La SQDI demande notamment au gouvernement : 

  • d’investir davantage dans le transport adapté et le transport en commun afin d’améliorer les services; 
  • d’offrir de la formation adaptée aux personnes ayant une déficience intellectuelle pour les aider à utiliser le transport adapté ou le transport en commun; 
  • de s’assurer que les services de transport en région répondent aux besoins de base des personnes, peu importe le moment de la journée; 
  • de former le personnel du transport public et privé afin d’offrir un service sécuritaire et de qualité; 
  • de développer et d’utiliser des outils technologiques pour rendre le transport plus flexible, tout en restant accessible à tout le monde. 

Alors que le Québec se prépare à l’arrivée d’un nouveau gouvernement, la SQDI rappelle que toutes les personnes doivent pouvoir se déplacer selon leurs besoins, sans obstacles liés aux coûts, à l’organisation ou aux horaires, partout au Québec. 

Un transport accessible et fiable ne permet pas seulement de se déplacer. Il permet de travailler, d’étudier, de prendre soin de sa santé, de voir ses proches et de participer à la vie de la collectivité. 

Le transport est donc essentiel à l’autonomie, à l’égalité et au rôle social actif des personnes ayant une déficience intellectuelle. 


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Amélie Duranleau

Amélie Duranleau

Directrice générale