27 janvier 2020

 INESSS, Guide de pratique 
 
Les auteurs introduisent leur Guide en soulignant qu’au fil des années, plusieurs documents ont été publiés au Québec dans le but d’orienter les services offerts aux personnes présentant une déficience intellectuelle (DI). Cependant, peu guident de façon plus spécifique l’intervention auprès des enfants et adolescents qui présentent une déficience intellectuelle. 

L’objectif du guide est de favoriser une prise de décision éclairée et partagée entre les jeunes âgés de 6 à 21 ans qui présentent une déficience intellectuelle, leurs parents et les intervenants à l’égard des interventions à mettre en place pour améliorer l’autonomie de ces jeunes et soutenir leurs parents à cet égard. Des valeurs et principes philosophiques s’y attachent. 

Des principes généraux d’intervention sont aussi dégagés. Il s’agit de :

  • Centrer l’intervention sur le jeune dans le but de favoriser son autodétermination et son pouvoir d’agir. 
  • Maintenir un partenariat jeune-parents-intervenants 
  • Appuyer les interventions sur une évaluation effectuée avec les champs d’exercice et les activités réservées 
  • Travailler dans la perspective d’un continuum de pratiques de collaboration interprofessionnelle 
  • S’appuyer sur différentes théories du développement de l’enfant et de l’adolescent pour orienter le choix et la mise en œuvre des interventions. 
    Proposer des défis d’apprentissage réalistes et tenir compte des caractéristiques liées à la DI. 
  • Cultiver la collaboration intersectorielle

   
 Le guide s’adresse aux éducateurs spécialisés, psychoéducateurs, superviseurs cliniques et gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) qui œuvrent auprès des jeunes présentant une déficience intellectuelle et de leur famille. Il peut aussi être utile aux différents professionnels du RSSS, aux intervenants du milieu communautaire et de l’éducation ainsi qu’aux parents. 
 
Il  s’inscrit en cohérence avec le Cadre de référence pour l’organisation des services en déficience physique, déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que les travaux entourant le développement d’une nouvelle gamme de services. 
 
Quatre commentaires sont formulés. Le premier est en lien avec l’énormité du travail déposé. Non seulement le document et son annexe en imposent (543 pages !), mais le nombre de collaborateurs et d’experts mobilisés par sa production impressionne. Le deuxième porte sur le fait que le document, malgré son titre et ses intentions, se présente davantage comme un répertoire que comme un guide pratique, ce qui n’est pas sans nous faire sourciller. Le troisième renvoie au fait que la population ayant une déficience intellectuelle de moins de 21 ans actuellement servie par les centres de réadaptation québécois est relativement petite (de l’ordre de ±4000 personnes) et surtout composée de personnes présentant une déficience modérée. Le quatrième commentaire en est un de processus et soulève la question suivante : comment entend-on animer auprès du «public cible» l’appropriation à des fins de mise en œuvre d’un répertoire de pratiques, surtout sachant que la principale pratique valorisée, soit l’analyse appliquée du comportement (AAC), n’est ni pratiquée ni enseignée au Québec ?  
 
 
 Bibliographie :

L’autonomie des jeunes âgés de 6 à 21 ans qui présentent une déficience intellectuelle, INESSS, Décembre 2019

Guide de pratique

Annexes complémentaires