02 Juin 2020

Pour une personne vivant avec une déficience intellectuelle, le confinement est un défi supplémentaire. La Société a donc décidé de leur donner la parole pour en savoir davantage sur leur quotidien et les difficultés, et parfois aussi les joies de vivre confiné dans cette période extraordinaire de crise du coronavirus. 

Aujourd’hui, c’est Lucie, qui vit dans le foyer de l’Arche à Joliette, qui nous livre son témoignage. 

Comment vas-tu aujourd’hui ? 

Ça va bien ! Hâte que le confinement se termine, mais ça va bien aller ! 

Qu’est-ce que tu as pensé en apprenant la nouvelle du confinement ? 

Au début j’allais assez mal. J’étais comme déprimée, découragée. Je me suis dit : « bon on va cesser toutes nos activités à cause de ça. Je ne pourrai pas voir ma famille, mes amis, mon copain, ni aller au centre de jour… » Mais tu sais, j’ai fini par apprivoiser le COVID-19. 

Qu’est-ce qui est le plus compliqué ? 

Le plus difficile pour moi, ce sont les assistants qui viennent de l’extérieur et qui doivent porter un masque. Je sais pourquoi ils le font, mais ça c’est le plus dur. Mais je ne me décourage pas, il y a beaucoup d’espoir ! Un jour, je vais revoir tous les gens que j’aime et on a eu la bonne nouvelle qu’on peut désormais voir nos familles à distance ! 

Et l’ambiance dans le foyer ? 

On a tous le moral, mais c’est sûr que la deuxième semaine j’ai piqué ma coche ! Mais On tient le fort pendant le confinement ! On a hâte de reprendre la petite routine. La semaine dernière il faisait encore trop froid, mais cette après-midi je vais enfin pouvoir refaire du vélo. 

Comment se passent tes journées ? 

Très bien ! On se réveille à 7H30 le matin et on déjeune tous ensemble. Ensuite on fait des exercices, on va sur les ordinateurs, on regarde aussi la télévision, on fait aussi du ménage chaque jour. L’après-midi, on fait une activité. On a tourné et réalisé des petits clips vidéo, sur les quilles, la cabane à sucre et la gym. Ce qui est le fun c’est qu’on a composé une chanson sur les voyageurs. On a écrit trois histoires : une histoire de baleine, de girafe et de grenouille. On soupe vers 5h30-6h, et après on relaxe. Moi, je tricote. J’ai hâte que tout recommence. De serrer dans mes bras ceux que j’aime et de pouvoir leur dire ! D’avoir un contact, un vrai !